L'héroïne
Tout
savoir sur une substance dont le nom fait déjà peur. Pourquoi ?
L'héroïne,
qu'est-ce que c'est ?
L'héroïne
est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine.
Les
opiacés sont des substances naturelles contenues dans le
latex recueilli sur une plante, le pavot, qui sert également
à la fabrication de l'opium.
À
quoi ça ressemble ?
L'héroïne
se présente sous la forme d'une poudre. Elle est la plupart
du temps injectée en intraveineuse, après dilution et chauffage.
Les pratiques d'injection semblent en baisse. L'héroïne
est également sniffée et fumée.
Effets
et dangers de l'héroïne
L'héroïne
provoque l'apaisement, l'euphorie et une sensation d'extase.
Elle agit comme anxiolytique puissant et comme antidépresseur.
Les effets recherchés peuvent traduire un mal-être psychique,
une souffrance, un besoin d'oubli.
L'héroïne
est un opiacé puissant, obtenu à partir de la morphine.
Les opiacés sont des substances naturelles contenues dans
le latex (opium) recueilli sur une plante, le pavot. L'effet
immédiat de l'héroïne est de type "orgasmique".
C'est le "flash". Il est suivi d'une sensation
d'euphorie puis de somnolence, accompagnée parfois de nausées,
de vertiges, et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
En
cas d'usage répété, le plaisir intense des premières consommations
ne dure en général que quelques semaines. Cette phase peut
être suivie d'un besoin d'augmenter la quantité du produit
et la fréquence des prises. La place accordée à cette consommation
est telle qu'elle modifie la vie quotidienne de l'usager.
Des
troubles apparaissent, dont l'anorexie et l'insomnie. La
dépendance s'installe rapidement dans la majorité des cas.
L'héroïnomane oscille entre des états de soulagement euphoriques
(lorsqu'il est sous l'effet de l'héroïne) et des états de
manque qui provoquent anxiété, agitation... La
dépendance à l'héroïne entraîne des risques sociaux importants.
Elle enclenche un processus de marginalisation chez certains
usagers. La surdose ou overdose de l'héroïne peut provoquer
une insuffisance respiratoire entraînant une perte de connaissance
et éventuellement la mort.
L'injection
entraîne des risques d'infection (notamment par les virus
du sida et des hépatites B et C) si l'usager ne se sert
pas d'un matériel d'injection stérile, à usage unique.
Gestes
d'urgence : tenir éveillée la personne encore consciente
en attendant les secours du Samu ou des pompiers. En cas
d'inconscience, pratiquer les gestes de secourisme (position
latérale de sécurité, réanimation cardio-pulmonaire éventuellement).
À
partir de 1987, la politique de réduction des risques s'est
développée pour éviter la contamination des usagers par
le virus du sida.
Les
mesures suivantes ont été prises :
- la
mise en vente libre des seringues en 1987
- la
mise en oeuvre de programmes d'échange de seringues
- l'installation
de distributeurs automatiques et la diffusion de kits
de prévention.
Cette
politique a entraîné une baisse significative de la contamination
par le virus du sida.
Diverses
études montrent que les partages de seringues et les nouvelles
contaminations par le virus du sida ont fortement diminué
chez les usagers de drogues par voie intraveineuse. En 1995,
les toxicomanes représentaient le deuxième groupe le plus
touché avec 23,7 % des cas de sida cumulés. On constate
une diminution importante dès 1996.
Malgré
ces progrès, plus d'un usager de drogue par voie intraveineuse
sur cinq est aujourd'hui porteur du virus du sida. Le
nombre de personnes contaminées par le virus de l'hépatite
C reste important : il représente 60 à 80 % des usagers
de drogue par voie intraveineuse.
Héroïne
et dépendance
L'héroïnomane
qui le souhaite peut bénéficier de soins : sevrage,
suivi psychosocial, traitement de substitution. Les traitements
à la méthadone ou au Subutex(r) sont administrés par voie
buccale. Ils sont prescrits soit dans les centres de soins
spécialisés en toxicomanie, soit par un médecin de ville.Ces
traitements de substitution ont pour objectif de stabiliser
la dépendance de manière médicale et légale.
Le
bilan des programmes de substitution montre une amélioration
notable de l'état de santé des personnes, qui favorise leur
stabilisation sociale et leur insertion professionnelle.
Entre
1994 et 1998, le nombre de surdoses mortelles a fortement
diminué, passant de 564 à 143, dont 92 à l'héroïne (les
autres décès étant liés à l'association de plusieurs produits
: polyconsommations).
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En
1888, un chimiste allemand préconise d'employer l'héroïne
synthétisée pour soigner la tuberculose.
Médication "héroïque", elle est considérée
comme susceptible de se substituer à la morphine dans
le traitement des douleurs et de la toux. Rapidement,
son utilisation devient abusive. Aux États-Unis, on
estimait à près de 500 000 le nombre de personnes
dépendantes à l'héroïne à la veille de la Première
Guerre mondiale.
En 1923, la Société des Nations déclare le produit
dangereux et de faible intérêt thérapeutique.
En 1924, l'utilisation non médicale de l'héroïne est
prohibée aux États-Unis ; elle y sera totalement interdite
en 1956 et en 1963 en France. Certains pays continuent
à l'utiliser dans la pratique médicale.
Sa prescription est prohibée en France ; elle est
expérimentée dans certains pays, notamment la Suisse
et l'Australie, dans le cadre des politiques de réduction
des risques auprès des héroïnomanes très dépendants.
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Ce
texte est extrait du livre d'information "Drogues
: savoir plus, risquer moins" réalisé par la MILDT et
l'INPES.

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